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Lubaya demande des explications au gouvernement sur les actions conjointes des armées RD-Congolaise et ougandaise

La mutualisation des forces RD-congolaises et ougandaises pour éradiquer les ADF-les rebelles ougandais opérant dans l’Est de la RD-Congo- est diversement commentée par les autorités RD-congolaises selon que l’on est soit de l’Exécutif national, soit de l’Assemblée nationale. Pour le député national Lubaya Claudel André, «c’est officiel, par ses forces armées, l’Ouganda est entré en guerre contre ses ADF, sur le territoire RD-congolais avec l’autorisation du gouvernement».

Dans sa réaction sur la présence de l’armée ougandaise en RD-Congo largement partagée sur les réseaux sociaux ainsi que sur son compte Twitter, sa page Facebook et son site internet, l’élu de Kananga hausse le ton et condamne le gouvernement de son pays. «Il n’y a point de doute, c’est un aveu d’échec de l’état de siège, d’impuissance de notre appareil militairo-sécuritaire et de nos politiques y afférentes. Désormais, dans l’Est de notre pays, les forces en présence sont connues: l’armée loyaliste ougandaise, les FARDC, les ADF», déplore-t-il. Puis: «En faisant recours au fait accompli, le gouvernement RD-congolais est aujourd’hui mis face à ses responsabilités. Il est appelé à dire toute la vérité au peuple et à s’abstenir de traiter cette question par défi. On n’engage pas une nation dans une guerre sans la prévenir ni recueillir son aval. La situation est grave. Il y a des clarifications à apporter, des leçons à tirer et des responsabilités à assumer. Le devoir de transparence et de redevabilité incombe au gouvernement qui, sur cette question, est tenu à se conformer aux lois de la République».

Ces propos de l’ancien gouverneur du Kasaï Occidental laisse transparaitre sa volonté d’interpeller soit le Premier ministre, soit les ministres de la Défense nationale ainsi que de l’Intérieur et Sécurité pour expliquer à la nation, devant l’Assemblée nationale, comment en est-on arrivé à cette mutualisation des forces ougandaises et RD-congolaises pour combattre les ADF alors que la province de l’Ituri est sous l’état de siège.

Selon Lubaya, le Président de la République a, sur pied de l’article 74 de la Constitution, la charge de maintenir l’indépendance du pays et l’intégrité de son territoire. «Face à la gravité de la situation, le devoir l’oblige à sortir de sa réserve pour rassurer la nation et la rassemble, pour lever les doutes et dissiper les malentendus. Il ne peut rester muet dès lors que l’intégrité du territoire est menacée, surtout que c’est en intelligence avouée avec une puissance étrangère mieux connue pour son agressivité et sa nuisance à l’égard de notre pays», tape Lubaya, précisant que «le pouvoir ougandais n’a jamais été ami de la RD-Congo comme aucune autre nation au monde n’a des amis mais plutôt des intérêts. Y croire serait de la pure naïveté».

Pour l’élu de Kananga, «derrière l’intervention ougandaise se cache certainement un agenda connu du seul pouvoir ougandais et que le gouvernement -NDLR: RD-congolais- se doit de communiquer à l’opinion en toute responsabilité et transparence». Pour sa part, Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement RD-congolais, a laissé entendre qu’il s’agit là «des actions ciblées et concertées avec des frappes aériennes et des tirs d’artillerie à partir de l’Ouganda sur les positions des ADF en RD-Congo». Et de préciser: «concrètement, il n’y a toujours pas de soldats ougandais en RD-Congo. Ces actions ne requièrent pas l’intervention de soldats ougandais sur le territoire RD-congolais». C’est la polémique qui est lancée entre les acteurs, à savoir: le pouvoir exécutif et celui législatif à considérer les propos du député national Lubaya et du ministre Muyaya.

Octave MUKENDI

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